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Transformez le stress en vitalité!
Pour comprendre
les multiples forces mentales, émotionnelles et physiques qui influent
sur notre santé et notre bien-être, nous devons apprendre à sentir notre
corps, nos muscles, nos organes, nos os, nos tissus de façon plus
impartiale. Nous devons apprendre prendre des « clichés sensoriels »
internes de notre fonctionnement organique. Ainsi, nous pouvons observer
les diverses habitudes de notre structure psychocorporelle, ainsi que
les principes physiologiques qui donnent à ces habitudes le pouvoir
d’influer sur notre santé. Ceci est important vu qu’on estime que les
problèmes liés au stress comptent de nos jours - directement ou
indirectement - pour 50 à 80 % de toutes les maladies : rhumes
chroniques, hypertension, maladies cardiaques, ulcères, syndrome du
colon irritable, dépression, arthrite, insomnie, certains types de
cancer et bien d’autres affections.
Le
stress mine notre santé entre autres en augmentant la production de
cortisol, qui vient réprimer le système immunitaire. Une étude dont les
résultats furent publiés au début des années 1990 dans le New England
Journal of Medicine indique par exemple que des gens sains à qui on
donnait des gouttes nasales contenant le virus du rhume réagissaient
directement en fonction de leur niveau de stress émotionnel. D’autres
études ont prouvé que le stress - ainsi que la peur et l’anxiété qui lui
sont souvent associées - pouvait faire empirer des maladies auto-immunes
comme la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde. En apprenant
à nous sentir de l’intérieur, nous en viendrons à comprendre que le
stress n’est pas toujours celui qui est en cause - un certain degré de
stress peut en fait être bénéfique à notre santé - mais que ce sont
plutôt les façons habituelles dont nous réagissons au stress qui le
sont. C’est là que nos émotions jouent un rôle majeur.
Les
émotions et le système nerveux autonome
Quand nous sentons les choses de l’intérieur lorsque nous pratiquons le
chi kung (Qi Gong) sous toutes ses formes, nous ressentons la relation
entre nos émotions et le système nerveux autonome, qui contrôle les
muscles lisses et les glandes. Ce système a comme fonction de susciter
ou d’inhiber certaines activités et sécrétions internes et externes. En
apprenant à percevoir les effets physiologiques de la peur, de la colère
et de l’anxiété en nous, nous comprenons mieux comment ces émotions sont
liées à la branche sympathique du système nerveux autonome, qui prépare
le corps au combat ou la fuite. Le système sympathique réagit en
« sympathisant » avec nos émotions, surtout celles qui sont liées à la
peur, au danger et à la stimulation : transpiration, bouche sèche et
toute autre forme d’excitation. Ce système dont les ramifications se
situent principalement dans la poitrine et les zones situées près du
milieu de la colonne vertébrale, communique avec le reste du corps en
transmettant les impulsions du cerveau par l’intermédiaire des chaînes
de ganglions sympathiques qui descendent le long des deux côtés de la
colonne vertébrale. À partir de ces ganglions, des fibres nerveuses
transportent les impulsions vers les divers organes internes. Ces
impulsions font diminuer le mouvement dans les organes digestifs,
augmenter le rythme cardiaque et la tension artérielle, resserrer les
vaisseaux sanguins. Elles dilatent les passages d’air dans les poumons,
libèrent le sucre emmagasiné dans le foie et inonde le corps
d’adrénaline et de norépinéphrine en provenance des surrénales, tout
cela pour que davantage de sang et d’énergie soient disponibles pour le
passage à l’action.
Les
émotions dites négatives ont une certaine valeur
Malgré les problèmes qu’elles suscitent dans notre vie, ce que nous
appelons « émotions négatives » constituent une valeur importante sur le
plan de la survie. Elles sont des signaux qui nous indiquent que quelque
chose va mal dans notre vie ou que nous devons passer l’action pour
éviter un problème. L’anxiété ressentie par l’étudiant la veille d’un
examen ou celle du cadre qui doit remettre un rapport financier le
lendemain peut jouer un rôle positif puisqu’elle les incitera se bien
préparer, en autant que l’anxiété ne soit pas excessive et ne vienne pas
causer de la peur et un manque de concentration.
La colère éprouvée par
une femme envers un homme qui abuse physiquement ou psychologiquement
d’elle la poussera soit à quitter cet homme, soit à entamer une relation
plus saine avec un autre homme, pour peu que cette colère ne la pousse
pas à devenir violente. La colère qu’une mère ressent envers son
adolescente qui ne rentre pas de la nuit viendra peut-être motiver la
mère et la fille à essayer de communiquer sur un autre mode. Les
émotions soi-disant négatives foisonnent pour nous fournir des
informations capitales sur ce qui se passe dans notre vie, en autant
qu’elles ne soient pas excessives. Et ces informations peuvent nous
aider à poser des gestes intelligents pour nous et pour les autres. Malheureusement, nombre de nos émotions négatives atteignent souvent un
point où elles ne semblent avoir aucune résolution apparente. Elles nous
laissent le coeur battant, les muscles raidis, la digestion altérée,
avec de la constipation, de la tension, etc. Le temps faisant, ces
malaises peuvent devenir chroniques et consommer l’énergie dont nous
avons besoin pour guérir et grandir spirituellement. Une fois que ces
problématiques deviennent ancrées, la branche parasympathique du système
nerveux autonome, dont le rôle est de freiner le système nerveux
sympathique, ne pourra apporter qu’un soulagement temporaire, à moins
que nous réussissions à apprendre comment le mettre en fonction sur de
plus longues périodes.
Comment mettre en marche le système nerveux parasympathique
Pour mettre en marche le système nerveux parasympathique, il est bon
d’avoir quelques notions de son fonctionnement. Les neurones de ce
système se trouvent principalement dans certains nerfs crâniens, comme
le nerf vague qui vient du bulbe rachidien, et dans la partie inférieure
de la colonne vertébrale. Les ganglions parasympathiques ne courent pas
le long de la colonne vertébrale mais sont localisés près des organes
sur lesquels ils influent. Les impulsions venant de ces ganglions
réduisent le rythme cardiaque, dilatent les vaisseaux sanguins, augmente
le péristaltisme et resserrent les passages d’air des poumons,
permettant ainsi au corps de ralentir et de se reprendre.
Comment
pouvons-nous intentionnellement mettre en marche le système nerveux
parasympathique, et ainsi réagir au stress et le réduire, sans l’aide de
psychologue, de massothérapeute, etc.? Nous pouvons le faire grâce l’attention.
Lorsque nous sommes tendu ou stressé, notre attention - contrôlée par le
système nerveux sympathique - se concentre automatiquement sur la cause
de notre tension, sur les pensées et émotions compulsives étant en
rapport avec la tension, ou encore sur des symptômes physiques
particulièrement déplaisants. Ces réactions nous étriquent un point tel
que nous ne voyons aucune autre alternative. Pour apprendre à relaxer
dans de telles situations, il faut apprendre à jouer avec l’attention et
à l’élargir afin d’y inclure les parties de nous qui ne sont pas sous
l’emprise de la négativité. « Il suffit de fermer les yeux et de se
syntoniser sur les parties du corps avec lesquelles vous êtes le plus
l’aise. Quand vous sentez cette aise dans un endroit de votre corps,
appréciez-la et laissez-la s’approfondir et se répandre d’elle-même au
reste de votre corps. L’aise, c’est bien plus qu’une simple parole ou un
état de paresse. Quand vous plongez dans cette zone d’aise intérieure,
c’est que vous avez mis en marche le système parasympathique, votre
capacité naturelle à relaxer. » La respiration naturelle joue un rôle
important pour apprendre à se laisser aller profondément dans cette aise
intérieure et, par conséquent, pour apprendre à se servir de la
conscience pour harmoniser les fonctions fortifiantes et dynamisantes du
système nerveux. Par ailleurs, comme la respiration naturelle vient
masser les organes internes et détendre notre dos, elle a aussi un
impact heureux sur les nerfs et ganglions parasympathiques se trouvant
dans ces zones.
Malheureusement, la plupart des gens ont de la difficulté se sentir de
l’intérieur et connaissent mal l’ampleur du conditionnement de leurs
perceptions et de leurs comportements travers le filtre d’émotions comme
la colère, la peur et l’anxiété. Nous sommes devenus tellement habitués
à de grands niveaux de stress et de négativité, que nous les considérons
comme l’état normal et que nous ne réalisons pas à quel point notre
santé et notre vitalité s’en ressentent. Le bruit généré par ce stress
rend presque impossible l’écoute de l’intelligence quiète et innée de
notre corps. Et quand nous sommes incapables d’accéder à cette
intelligence, nous empirons la situation en recourant à des soulagements
instantanés sous forme de stimulations excessives : l’alcool, la drogue,
le tabac, la caféine, la nourriture, la sexualité, la télévision, etc.
Parfois, lorsque nous réalisons dans un moment de clarté l’absurdité de
la situation, nous essayons de composer rationnellement avec le stress.
Malheureusement, notre mental a en lui-même peu de pouvoir pour trouver
des solutions efficaces, surtout dans une société d’information qui
inonde notre conscience de nouvelles et d’images négatives en provenance
du monde entier. Ce qui en résulte, c’est encore plus de tension, un
sentiment d’impuissance et l’émergence de divers symptômes et maux
chroniques, nombre d’entre eux n’étant pas juste le résultat du stress
mais celui de la façon dont nous essayons de les fuir.
S’adapter aux effets du stress n’est pas une solution
Dans l’incapacité de solutionner avec efficacité notre stress sous
toutes ses formes, nous avons appris avec le temps à composer avec ses
effets. Certains d’entre nous, par exemple, ventilent simplement leurs
émotions négatives sur les autres, surtout la colère, parce qu’ils
croient que c’est bon pour eux. Des recherches récentes laissent
cependant entendre que la ventilation de la colère nous met davantage en
colère, pas moins, et que cela augmente les risques pour la santé. Qui
plus est, un tel comportement transmet notre négativité aux autres, qui
vient s’ajouter leurs propres problèmes.
L’expression des émotions négatives n’est cependant pas aussi répandue
que leur évitement. Il existe bien des façons de ne pas sentir. Enfants,
certains d’entre nous ont appris à nous servir du monde des fantasmes et
du refoulement pour éviter de sentir la douloureuse contraction qui se
produisait quand nos parents ne nous acceptaient pas tel que nous étions
et nous voulaient à leur image. Adultes, nous avons appris à ravaler nos
émotions négatives et à nous réfugier dans des émotions considérées
comme plus positives. Nous avons donc appris à refouler nos émotions
dites négatives pour fonctionner sur un mode que nous croyons
raisonnable, un mode basé sur l’image que nous voulons donner de nous.
Mais selon la loi scientifique de conservation de l’énergie, l’énergie
neurobiochimique de ces émotions ne peut être détruite. Elle peut
seulement être transformée. Et nous savons également que, si nous y
prêtons attention, cette énergie est souvent transformée en énergie
mécanique ou cinétique qui agit sans que nous en ayons conscience sur
nos nerfs, nos tissus, notre structure et nos mouvements.
Le
refoulement des émotions se manifeste non seulement dans notre posture
et nos mouvements, mais aussi dans les tensions corporelles profondément
enfouies, tensions qui sapent notre énergie et minent notre santé
physique et psychologique. En apprenant à sentir ces tensions dans notre
corps, nous pouvons un jour ou l’autre face à nos plus inconscientes
émotions de colère, d’inquiétude, de peur, d’anxiété, de tristesse, etc.
L’objectif n’est pas de nous débarrasser de ces émotions dites
négatives, chose qui est impossible et peu souhaitable, mais de trouver
le courage d’en faire pleinement l’expérience, de les ouvrir et de les
exposer à la lumière impartiale de la conscience. Du point de vue
taoïste, lorsque nous devenons pleinement conscient de nos émotions
négatives sans les amplifier ni nous en défendre, l’énergie
neurochimique qu’elles activent en nous peut être transformée en pure
énergie de vitalité. Ainsi que les Taoïstes le disent, « les nuages, la
pluie et la foudre sont aussi nécessaires à notre environnement que le
soleil et le calme. Sans un harmonieux équilibre entre ces deux aspects
du temps, la nature serait un véritable désert ». C’est donc par notre
respiration, et en particulier par la respiration naturelle, que nous
pouvons découvrir en nous cette dynamique harmonie. La respiration
naturelle, profonde et aisée, nous permet donc de mettre en marche le
système nerveux parasympathique ainsi que le processus de guérison qui
nous amène à devenir de nouveau entier. Et quoi de mieux que d’appliquer
la respiration naturelle avec les méditations du
Sourire
intérieur et des 6 Sons de guérison! |